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Fondation Vasarely


La Fondation Vasarely

Ayant atteint la renommée internationale, Victor Vasarely souhaite créer un centre réunissant urbanistes, architectes et plasticiens pour élaborer la "Cité polychrome du bonheur". Dès 1966, il pose le principe d’une fondation pour diffuser sa conception d’un "art pour tous" et de la "ville de demain" intégrant l’art à l’architecture.

"Deux grandes forces régissent l’existence : la force du renouveau et celle de la conservation. Le monde va du passé au futur, l’individu du futur au passé… c’est sa tragédie."

En créant sa Fondation, Victor Vasarely ne souhaite pas entériner une œuvre appartenant au passé, le but n’étant pas d’offrir un mausolée à sa mémoire. La vocation de ce centre est entièrement tournée vers l’avenir, aux nouvelles technologies, aux sciences, à l’informatique…

 

Son œuvre n’aurait pas de raison d’être s’il s’agissait seulement de l’inscrire à la postérité. Le plasticien crée dans le présent, pour le présent et surtout pour le futur sans augurer le jour où son œuvre appartiendrait effectivement à notre patrimoine et au passé.

"L’avenir se dessine avec la nouvelle cité géométrique polychrome et solaire. L’art plastique y sera cinétique, multidimensionnel et communautaire. Abstrait à coup sûr et rapproché des sciences."

Lorsqu’en 1966, Victor Vasarely mûrit le projet d’une fondation, il la conçoit comme un centre expérimental de recherches. Réminiscence du projet d’école d’arts appliqués, sur le modèle du Bauhaus, qu’il envisage de fonder, dès son arrivée à Paris en 1931. La Fondation telle qu’elle verra le jour en 1976 devient l’instrument social où la réunion des compétences de divers corps de métier doit concourir à l’élaboration de "la cité polychrome".

La Fondation Vasarely

A Aix-en-Provence Victor Vasarely met en application, ce qu’il définit comme un nouveau "techno art social". L’intégration des arts plastiques dans l’architecture, la popularisation de la culture et la diffusion de la plasticité grâce à la production en série d’œuvres d’art sont les objectifs de ce qui constitue un acte de générosité exceptionnel envers la communauté.

Les professions entrant dans le processus de création d’un environnement urbain ou d’une architecture se côtoieraient au sein même de la Fondation. Plasticiens, urbanistes ingénieurs, sociologues, psychologues, architectes, travailleraient ensemble, afin de concevoir le bâtiment et son décor en même temps.

"La synthèse des arts plastiques est un leurre ne pouvant susciter qu’une Renaissance bien pire que la première. Il est absurde de désigner une place pour un décor, fût-il abstrait. La vraie voie c’est l’intégration ; le décor doit naître en même temps que l’édifice, la plasticité est intrinsèque aux matériaux de construction et à la forme architecturale."

Pour Victor Vasarely, "il faut combattre les nuisances visuelles générées par les grands ensembles construits dans les années 60, déshumanisées et déshumanisants. Il faut sortir les gens de leur grisaille quotidienne" en leur offrant la couleur grâce à l’intégration plastique. "L’intégration d’une beauté plastique dans l’architecture est désormais possible à travers des matériaux de construction préfabriqués que l’on dotera au départ de qualités sensibles. Parallèlement, nous assistons à une poussée démographique sans précédent dans l’histoire de l’humanité, nécessitant l’élaboration d’un programme de construction énorme dans les étendues urbaines et rurales. Les inventions scientifiques ont totalement modifié la technique du bâtiment. La préfabrication des séries deviendra l’une des industries principales de notre Société de production-consommation. Enfin, au niveau de promotion matérielle où nous nous trouvons (confort, hygiène, espace, lumière), une exigence psychique s’ajoute : la beauté plastique de la cité, facteur aussi indispensable à la santé de l’homme que l’oxygène, les vitamines ou l’amour."

A la fin des années 1960, nombreux sont les architectes à penser comme Victor Vasarely. Ils remettent en question tout ce qui s’est fait au cours des dix dernières années, notamment les recherches sur les méga structures capables d’héberger des villes entières, et se tournent vers l’utilisation de nouveaux matériaux.

Ils réfléchissent également à l’idée du plan évolutif du bâtiment en fonction de besoins du moment.

En concevant le Centre Georges Pompidou (1971-1977), Richard Roger et Renzo Piano introduisent l’acier, et adoptent une structure à croisillons multipliables qui permet une modulation permanente des espaces. Dans le même temps, David-Georges Emmerich met au point des constructions auto-tendues (où les forces entre tractions et compressions s’équilibrent) susceptibles d’évoluer à partir d’un module simple et répétitif.

C’est dans cet esprit que Victor Vasarely, lorsqu’il conçoit son bâtiment, choisit de recourir à son tour au système de préfabrication de tous les éléments de la structure modulaire en béton. Il prévoit également de pouvoir agrandir l’immeuble afin de créer de nouveaux ateliers, des lieux de réception d’artistes…, adopte à cette fin l’hexagone comme module de base, et décide de donner à chaque alvéole une structure autonome.

Dès cette date, donc, tout est prêt pour que voie le jour la Fondation dont il rêve. Ne manque que le terrain.

La Fondation Vasarely
La Fondation Vasarely
La Fondation Vasarely