« Le Grand Tout : Première Constellation » – Evariste Richer
Jusqu’au 30 mai

 
A une époque où la science s’intéresse d’une façon très actuelle à la structure potentielle de la vie dans les exo-planètes, l’artiste rebondit, par ricochet, sur la notion même de plus petit dénominateur de la vie dans l’univers, ces atomes élémentaires qui contiendraient dans leurs complexes associations la totalité des schémas scientifiques de la matière.

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Comme souvent dans sa démarche, Evariste Richer invite le regardeur à voir l’invisible.
Pour son projet avec le verre en résidence au CIRVA et en collaboration avec l’OSU Institut Pythéas, il propose le déploiement dans l’espace d’une structure moléculaire qui, sans pouvoir prétendre à illustrer l’infini des possibilités, contiendrait tout de même en elle le potentiel évocateur du Grand Tout. Nous présentons à la Fondation la première brique du Grant Tout : Première Constellation.

 
    

 
 
 
    


  
 
 

BASTOKALYPSE,
dans le cadre des rencontres du 9ème art d’Aix-en-Provence / Festival BD
M.S. Bastian & Isabelle L.
7 avril – 21 mai

 
Installé à la Fondation Vasarely et présenté pour la première fois en France, Bastokalypse est un immense panorama en noir et blanc d’une longueur totale de 52 mètres. Une vision unique, fantasmée et créée par deux artistes suisses, qui revisitent en mode ludique l’Apocalypse.
 

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Bastokalypse est un arc d’images, sans début ni fin, truffé de références artistiques et historiques, composé de 32 panneaux et long de 52 mètres. Face à une proposition qui sollicite tant le regard, une question se pose pour le spectateur : comment l’appréhender ? Curieusement et après expérimentation, la meilleure méthode reste le pas à pas, en longeant l’œuvre, dans une forme d’immersion qui rappelle la narration d’une bande dessinée. Et petit à petit, l’immensité s’efface. Entre art classique, art tribal, art modeste, récits mythologiques, cinéma d’épouvante et histoire contemporaine, les références se bousculent. Or si certaines se découvrent explicitement (Gustave Doré, Goya, Walt Disney, Picasso, James Ensor, Posada ou Hokusai), d’autres viennent presque automatiquement à l’esprit, bien que les artistes aient intentionnellement renoncé à les utiliser. C’est là, toute la subtilité de Bastokalypse qui, en faisant appel aux images enterrées dans notre mémoire collective, réussit à nous prendre par la main pour nous faire entrer dans une autre fin du monde…
Accueilli pour la première fois en France lors des Rencontres du 9e Art, le panorama Bastokalypse est intégralement visible dans l’enceinte de la Fondation Vasarely, accompagné pour l’occasion d’une médiation réalisée à partir des écrits que Konrad Tobler, journaliste et critique d’art, a consacrés au projet.
 

LES AUTEURS
 
Aussi à l’aise dans l’univers de l’art contemporain que dans celui de la bande dessinée, M.S. Bastian et Isabelle L. ont grandi à Bienne (Suisse) et y ont tous deux fréquenté l’École d’Arts Visuels. Après diverses expériences en solo en tant que graphiste ou illustrateur de périodiques, ils collaborent de façon occasionnelle en 2000, puis de manière permanente à partir de 2004. Se jouant des clivages, les diverses créations de M.S. Bastian et Isabelle L. sont le résultat d’un véritable travail à quatre mains qui conjugue les références savantes et populaires pour donner vie à des univers denses. Leurs ouvrages, considérés comme avant-gardistes et intransigeants, sont publiés en Suisse, en Allemagne et en France. Leurs travaux font régulièrement l’objet d’expositions.

« Notre travail n’est pas très éloigné de celui des ethnologues. Pendant des années, nous avons collectionné toute l’iconographie liée aux cataclysmes dans le domaine de l’art, du cinéma, de la littérature. Mais nous ne donnons pas de réponse, si ce n’est une impression générale d’illisibilité, de brouillage, reflet de notre époque saturée d’informations. »

M.S. Bastian à propos de Bastokalypse – L’Express de Neuchâtel / 2011
 
http://www.bd-aix.com/
  
 
 
 


             

  
 
 
  

VERA RÔHM,
À LA RECHERCHE DE LA BEAUTÉ RATIONNELLE
26 juin – 31 août

 
Vera Röhm, née en 1943 en Bavière d’une mère russe et d’un père allemand, a grandi à Genève, puis à Darmstadt. Parfaitement bilingue allemand-français, elle garde de son
enfance multiculturelle et de ses études à Paris une grande ouverture sur le monde. Tout est dualité chez cette artiste qui vit entre Darmstadt et la Ville Lumière.

 
Après avoir travaillé la pierre et le métal qu’elle associait au plexiglas, Vera Röhm se consacre dès les années 70 aux Ergänzungen ou complémentarités de matériaux qui évoquent la fusion. Le plexiglas devient alors complémentaire du bois.
 

L’artiste travaille des poutres de bois à l’extrémité brisée et les associe à des moulages en plexiglas, matière synthétique qui se fonde dans le matériau naturel. Deux éléments opposés qui s’épousent pour devenir fusion.

Ce couple improbable, basé sur la construction, l’industrie, évoque pourtant la déconstruction, voire la con-fusion. Vera Röhm a ses lois, ses méthodes, son système. Comment ne pas penser à Max Bill, inspiré par Van Doesburg, qui écrivait en 1949 : « Nous appelons art concret les œuvres d’art qui sont créées selon une technique et des lois qui leur sont entièrement propres, sans prendre extérieurement appui sur la nature sensible ou sur la transformation de celle-ci, c’est-à-dire sans intervention d’un processus d’abstraction ».

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Très tôt, Vera Röhm est fascinée par le tétraèdre, pyramide à 4 faces triangulaires, 6 arêtes et 4 sommets. La complexité dans toute sa splendeur. La géométrie devient la base de son travail de sculpteur. De ses recherches mathématiques, scientifiques de l’abstraction émanent des volumes d’acier impressionnants et imposants, segmentation en trois du volume parfait du tétraèdre. Elle continuera cette recherche dix ans plus tard avec les Schattenreliefs (Reliefs d’ombres) en concrétisant l’évolution des ombres portées de ces figures en fonction de la lumière, puis le Schattenlabyrinth (Labyrinthe d’ombres) où 6 formes de base ont vu le jour. Depuis 2008, un programme utilisant des algorithmes a permis 770 découpes. Volume et plan sous sa forme positive et négative. Une recherche fondamentale. En parallèle, elle continue d’explorer son « Work in progress », sept grandes séries d’ensembles en évolution.

Rendre concret, palpable, l’éphémère, le mouvement, le temps. Comment le percevoir ? Le mesurer ? Quels sont les liens entre la géométrie et le cosmique, « cette obscure clarté qui tombe des étoiles », selon son oxymore préféré.

Egalement photographe – sa série Etaiements a connu un grand succès – cette artiste lauréate de nombreux prix en Allemagne, est présente dans les grandes collections privées et publiques et a participé au Festival d’Automne au centre Pompidou en 2002.

Vera Röhm intègre dans son œuvre la recherche des artistes du Bauhaus et la tradition de l’art concret, du constructivisme, du minimalisme. Synthèse entre ombre et lumière, espace et temps, ses œuvres laissent place à la poésie de l’imaginaire.

Elle scrute la ligne, la beauté rationnelle…